Légendes

La culture amazonienne se fonde essentiellement sur la transmission orale du savoir depuis des millénaires

Cette transmission s’effectue notamment par les contes et légendes. La conception animiste du monde régit les relations entre êtres vivants, plantes, matière visible et invisible. L’immensité de la jungle est propice à l’imagination et à une perception ultra-sensorielle de l’environnement.

Les centaines de contes, mythes et légendes amazoniennes ont une grande influence sur les populations locales. Ces histoires sont racontées à la tombée de la nuit ou pour interpréter l’inexplicable. Leur narration ouvre aux auditeurs un chemin initiatique vers la sagesse et l’humilité, vertus nécessaires face à une nature puissante mais fragile.

Découvrez les légendes

Il y a des milliers de pleines lunes de cela, un couple d’indiens Mawé vieillissant et qui n’avait jamais pu avoir d’enfant demanda l’aide de Tupã, une divinité bienfaitrice de la forêt. Quelques mois plus tard, un fils naquit. Ses parents l’appelèrent Aguary. L’enfant grandit heureux et en bonne santé. Généreux, créatif et toujours de bonne humeur, il était chéri par toute la tribu. Aguary ne mangeait que des fruits juteux et savoureux qu’il cueillait dans la forêt.

Sa réputation parvint jusqu’à Jurupari, esprit maléfique qui avait le pouvoir de se métamorphoser en différents animaux. Jaloux, il s’approcha du village Mawé sous forme de chauve-souris pour l’observer. Jurupari attendit patiemment qu’un jour Aguary s’en alla seul chercher des fruits pour se transformera en serpent venimeux et mordre l’enfant qui mourut avant que ses parents ne l’aient retrouvé.

La tribu se lamenta auprès de Tupã, qui durant la nuit transmit en songe le message suivant aux chamans de la tribu et aux parents de l’enfant : « enlevez les yeux du corps de votre enfant et enfouissez-les dans la terre que vous mouillerez pendant quatre lunes avec vos larmes. Une plante surgira vous l’appellerez « Guarana – plante de vie », son fruit possèdera les qualités d’Aguary. »

Les yeux furent plantés et la terre mouillée par les larmes de la tribu quatre lunes durant. Une plante en forme de liane surgit de terre, ses fruits ressemblaient aux yeux de l’enfant et bougeaient. Ceux qui en mangeaient étaient revigorés et plus résistants. Depuis, les indiens de la tribu Mawé prennent du Guarana, pour que les jeunes lorsqu’ils partent en forêt soient endurants et agiles, les plus âgés plus dynamiques.

Découvrez la poudre de Guarana DUMATO

Il y a quelques milliers de pleines lunes de cela, dans la tribu Macuxi, sur la rive droite du fleuve Amazone, vivait un guerrier fort, courageux et rusé. Il s’éprit d’amour pour une jeune femme de sa région qu’il épousa. Jamais, de mémoire, la tribu n’avait vu un couple si passionné et attentionné l’un pour l’autre. Les saisons passèrent les inondant de bonheur, jusqu’au jour où un mal mystérieux s’empara de l’épouse et la rendit paralytique.

L’indien Macuxi, ne pouvant imaginer son aimée seule, tressa un filet afin de la porter sur son dos. Elle l’accompagnait ainsi partout où il allait.

Les années passèrent. Un jour, alors qu’il se rendait dans la forêt pour cueillir des fruits, il croisa un groupe d’Indiens qui lui demandèrent :

- Pourquoi portes-tu cette femme sur ton dos ?
- C’est parce que je l’aime et que je ne peux vivre sans elle, répondit-il.
- Mais elle à l’air d’être morte, lui-dirent-il.

Cela faisait une bonne heure qu’elle n’avait plus rien dit. Il pensait qu’elle dormait. Son dernier mot avait été « je t’aime ». En la déposant, il constata que son épouse n’était plus.

Il creusa une tombe et l’enterra dans la forêt, à proximité d’un marécage. Il déversa toutes les larmes de son corps sur la terre fraîchement retournée. Et ceci des jours et des nuits. Au petit matin qui suivit la première pleine lune, une petite tige germa au dessus de la sépulture, puis une grande feuille en forme de cœur apparut. Il s’agissait d’une plante totalement inconnue de la tribu Macuxi et de toutes les autres.

Appelée Tamba-Taja, ce qui signifie « Grande Feuille » en langue Tupi Guarani, cette plante est depuis répandue en Amazonie. Symbolisant l’amour éternel, elle orne fréquemment les maisons des couples heureux.